Il y a des jours où je me demande si tout ce que je fais a vraiment un impact. Puis un matin, un parent m’écrit :
« Depuis que vous avez pris le temps de parler à mon fils et de m’envoyer ce petit mot d’encouragement, il a repris confiance. Ses notes ont remonté. Il a recommencé à sourire. »
Et là, je me rappelle pourquoi j’ai choisi ce métier.
On parle souvent de stratégies pédagogiques, de programmes, de méthodes. Mais au cœur de tout ça, il y a le lien. Ce fil invisible qui relie un enseignant à son élève… et parfois à ses parents. Un mot d’encouragement, un regard bienveillant, un message positif envoyé à la maison, ça peut tout changer.
La recherche le confirme : les élèves qui reçoivent des encouragements ciblés et sincères développent une meilleure estime d’eux-mêmes, s’engagent davantage et performent mieux. Mais au-delà des études, ce que je constate chaque jour, c’est que les jeunes apprennent mieux quand ils se sentent vus. Quand ils savent qu’on croit en eux.
Quand j’écris à un parent, ce n’est pas nécessairement pour signaler un problème. C’est pour tisser une complicité. J’aime dire aux parents :
« On fait équipe, vous et moi. Votre enfant a besoin qu’on le regarde du même côté de la table. »
Quand la communication est basée sur la confiance, tout devient plus simple. Le parent devient un allié, l’élève sent qu’on parle de lui avec bienveillance, et le climat de classe s’en trouve transformé.
J’ai longtemps cru que la rigueur suffisait. Que fixer des attentes élevées, c’était la clé. Mais j’ai appris qu’il n’y a pas de véritable exigence sans bienveillance. Quand je dis à un élève :
« Tu t’améliores, je le vois »,
ce n’est pas qu’une phrase — c’est une permission d’avancer, un miroir de confiance. Et quand j’écris à un parent pour souligner un progrès, je sens la fierté traverser l’écran. Ces petits gestes, multipliés au fil du temps, bâtissent des ponts solides.
Enseigner, c’est avant tout cultiver la confiance. Celle de l’élève envers lui-même, celle du parent envers l’école, et celle de l’enseignant envers le potentiel de chaque jeune. Quand ces trois confiançes se rencontrent, il n’y a plus de “mauvais élève”. Il y a des êtres en chemin, soutenus, encouragés, aimés dans leur apprentissage.
Je n’ai pas de formule magique. Mais je sais une chose: les encouragements sont contagieux. Ils se propagent d’une classe à une maison, d’un parent à un enfant, d’un élève à un autre. Et si mes mots, mes gestes et mes liens contribuent, même un peu, à faire fleurir la confiance d’un jeune, alors j’aurai fait ma part.