Peut-être…peeeeuuuut-être.

Depuis 20 ans, j’apprends à vivre avec des valeurs différentes de la mienne. 26 élèves. 26 cultures familiales différentes de la mienne. 26 raisons pour générer des conflits?

Le choc des valeurs vous connaissez? Ma classe est un potluck de vérités différentes et j’épargne l’épineux sujet de la religion. Avec la pandémie, j’ai appris beaucoup de choses. Laissez-moi vous partager ne serait-ce qu’une histoire. 

La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.

Mon élève se plaint d’avoir chaud et d’étouffer. Elle exprime que le port du masque obligatoire brime sa liberté de choix. De toute évidence, les propos justifiés ne viennent définitivement pas d’elle.

Nous sommes en septembre. Il fait 34 degrés Celsius dans ma classe. L’air n’entre pas. J’ai une goutte qui coule le long de ma colonne vertébrale. Vous voyez le dessin? La santé publique nous demande de garder les masques, si nous ne sommes pas à deux mètres de distance. Ma classe n’est pas un gymnase, alors impossible d’avoir, dans mon local, une distance raisonnable pour l’enlever. 

Parmi les 26 en sueur, certains élèves respectent la règle, d’autres difficilement. Je passe mon temps à répéter de mettre le masque par-dessus le nez. Parmi mes élèves, j’ai une anti-masques. En une seule journée, j’ai demandé à 30 reprises de mettre son masque convenablement. Oui ce nombre est recensé. 

J’ai chaud. Je travaille ma patience. Je suis fatigué. Une autre goûte de sueur coule le long de ma colonne. Je tiens bon. À la 31e demande, je demande à mon élève de sortir un moment de ma classe. J’ai le thermomètre de ma colère en harmonie avec la température de mon local. Je respire… je ventile discrètement (difficile d’être discret à 270 lbs). D’un calme modéré, je sortis de la classe pour l’écouter. 

Mon élève se plaint d’avoir chaud et d’étouffer. Elle exprime que le port du masque obligatoire, brime sa liberté de choix. De toute évidence, les propos justifiés ne viennent définitivement pas d’elle. À mon tour, j’explique rapidement les raisons justifiées de la santé publique et de la responsabilité que j’ai de respecter cette règle. (Je vous épargne les détails.) Elle revient à la charge en me disant que j’avais peut-être tort d’accepter de me ranger du côté de la santé publique. J’ai eu la brillante idée de lui dire qu’elle avait à son tour peut-être raison d’être en harmonie avec ses parents. 

Cette réponse a eu pour effet de l’apaiser et curieusement moi aussi. Je lui expliquai que la science est en constante évolution, que peut-être d’ici 2, 3 ou 10 ans, la science pourrait se rendre compte que le port du masque est une mauvaise chose, et que pour l’instant tout ce que nous savons c’est que le masque …bla, bla,bla…(j’évite encore les détails.) Aujourd’hui, sa relation entre elle et moi s’est beaucoup améliorée. Même si à l’occasion je lui demande encore de mettre son masque convenablement.  

Le peut-être est comme un parapluie. La jalousie ou l’égo est comme un nuage annonçant la pluie. Lorsque je sens que la pluie va tomber, j’ouvre mon parapluie du peut-être.. L’émotion ne m’atteint plus. Il finit par disparaitre.

L’effet du peut-être

Permettez-moi d’insister sur le mot peut-être. Il n’y a pas si longtemps, j’ai appris que le peut-être a un effet sur le laisser-aller. Dans une communication conflictuelle, même si je ne suis pas d’accord, le peut-être m’aide à prendre en considération l’interlocuteur.  Ainsi lorsqu’on emploi le peut-être, le respect s’implique dans une conversation. Ainsi mon élève dans l’histoire du masque à ce sentiment d’être Reconnu, Ecouté Vu et Entendu (REVE). Avec l’usage du peut-être, je n’ai peut-être pas gagné mon point de vue, mais j’ai gagné en respect.  

Autre chose. Le peut-être a aussi un effet sur l’égo. Croire que vous êtes le meilleur que les autres n’aide pas en une relation constructive. En affaire, j’ai déjà vécu des situations conflictuelles. J’ai déjà été jaloux des réussites de mes compétiteurs. Curieusement, j’avais cette fausse impression d’être diminué. D’être moins bon qu’eux. Par cette jalousie, j’ai dénigré certains compétiteurs. Ce dénigrement était ma réponse pour me tirer d’affaire. Mais d’où venait cette jalousie? 

J’ai appris qu’elle venait de cette peur de ne pas atteindre mes objectifs. J’avais cette angoisse de ne pas réussir.  Chez moi, cette peur peut parfois engendrer de la mauvaise énergie, ce qui de surcroit engendre une mauvaise attitude. Parlant d’énergie, sentez-vous la colère, la joie et le stress des autres? Sentez-vous lorsque l’autre est fragile ou qu’il a de la peine? Imaginez alors comment l’autre vous perçoit face à votre attitude? Il n’y aura rien de positif n’est-ce pas?

Entretenir cette jalousie m’a fait vivre encore plus de situations négatives et difficiles. J’ai compris qu’en étant négatif, que j’étais pris dans une mauvaise spirale. Plus tard, j’ai appris que l’univers ne fait pas de distinction entre le positif et le négatif. Au fait, la vie nous rend justement ce qu’on lui donne. Certaines personnes appellent ça le Karma. Moi, j’appelle ça mon paratonnerre à merde.

Franchement, il m’arrive d’avoir des moments où je reviens dans mes peurs et que l’égo prend le dessus. C’est à ce moment que la philosophie du peut-être prend toute son importance. Le peut-être est comme un parapluie. Je compare la jalousie ou l’égo à un nuage annonçant la pluie. Lorsque je sens que la pluie va tomber, j’ouvre mon parapluie du peut-être. Résultat? l’émotion ne m’atteint plus. Il finit par disparaitre. J’ai appris que lorsqu’on utilise le peut-être, une émotion négative dure généralement 90 secondes. Ainsi, cette émotion qui nous traverse se dissipe. Finalement, par le peut-être, je ne suis plus défini par cette émotion. J’apprends à me connaitre et je trouve ça extraordinaire.

Ça en fait des peut-être dans un texte! Savez-vous combien il y en a?

Voici mon nouveau logo. Une belle nouvelle s’en vient!

Think Love!!!!

Vous voulez aller plus loin dans l’aventure du peut-être? Je vous invite à écouter un épisode de Inspire Leadership Podcast ou j’en discute avec l’excellent Joël McLean.

Publié par Mr Friday

Je suis enseignant, conférencier, podcasteur et animateur. L'humain me fascine. Mes expertises sont la gestion de classe compatissante et le savoir-être.

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